L’ego au service du sport

L’ego est souvent vu comme négatif dans la pensée commune. On dit souvent des choses de ce type : « Laisse ton ego au vestiaire ». La morale voudrait que quelqu’un avec un ego soit quelque chose de mal. Ego qui renvoie au terme égoïsme, et qui peut être opposé à la modestie.

Mais il faut dépasser cette opposition et voir l’ego comme l’expression de soi. L’ego est tout simplement le fondement de la personnalité. Chacun a un ego. Il ne peut pas être trop ou pas assez, il est ce qu’il est. C’est une vision que l’on a de soi-même. Des termes tels que : moi, je, mon, mien… en sont l’expression.

La réelle question à se poser dans sa pratique sportive : « Est-ce que cette vision est « juste » et en accord avec la réalité ?

Il existe deux types de vision erronée qui peuvent empêcher le sportif de progresser de façon optimale, et d’atteindre des objectifs.

 

La grosse tête

Premier cas : la personne qui surévalue ses capacités.

Ceci va la pousser à faire des choses au-dessus de ses capacités réelles, ou de ce qu’elle devrait faire idéalement dans son chemin de progression.

Typiquement, en CrossFit par exemple, c’est l’action de soulever une barre en dehors de ses capacités. Le raisonnement logique amène à dire que la personne n’aura pas la force nécessaire pour maintenir les positions de son dos. L’ego de la personne lui fera quand même soulever cette barre.

Tout un tas de raisons nourrissent l’ego. Nous n’en citerons que quelques-unes ici, mais ça peut par exemple être le fait de bien paraître auprès des autres, d’avoir un sentiment de réussite, de paraître fort, etc.

Un autre exemple typique est celui de la personne qui veut accélérer le temps. Elle ne passe pas par les prérequis et saute des étapes d’apprentissage. Par exemple, le sportif qui va faire des kipping pull-ups avant de faire des strict pull-ups. Ici l’ego est plus nourri par le sentiment de divertissement. Faire des strict pull-ups n’est pas intéressant comparé au mouvement beaucoup plus esthétique et impressionnant des kipping pull-ups, voire des butterfly.

 

Le plafond de verre

L’inverse est vrai aussi. La personne qui sous-évalue ses capacités.

Ceci va la pousser à faire des choses en dessous de ses capacités réelles, ou de ce qu’elle devrait faire idéalement dans son chemin de progression.

Typiquement, en CrossFit par exemple, c’est le fait de toujours mettre le même poids sur la barre, quel que soit la séance, quel que soit son évolution. Un des grands principes de l’entraînement (la surcharge progressive) voudrait que la personne effectue des exercices qui vont stimuler la progression. Or on sait que si la personne met toujours le même poids, il ne se passera plus rien. L’ego de la personne lui empêchera de soulever cette barre plus lourde nécessaire à sa progression.

D’autres raisons nourrissent l’ego dans ce cas : des sentiments de peurs, de honte (ne pas réussir), de non-confiance en soi.

 

L’ego au service des objectifs

Afin de progresser au mieux vers ses objectifs, le sportif devra améliorer la vision de soi-même et ajuster celle-ci à la réalité. Le sportif devra effectuer un important travail sur lui-même pour être conscient de ses capacités.

Le fait d’être accompagné est très important à ce niveau. Un sportif seul aura tendance à s’enfermer dans son monde et sa vision. Il aura surement besoin de discussions avec quelqu’un d’extérieur (le coach joue notamment ce rôle) pour lui « ouvrir » les yeux.

Le premier travail du sportif sera de réfléchir à ses propres capacités. Remplacer ses pensées subjectives par des mesures objectives. Il faut aussi qu’il soit capable de dire s’il travaille selon les principes d’entrainement ou si c’est son ego qui lui fait faire ses actions. L’exemple de la barre trop lourde est très représentatif. Le sportif devra être capable de dire : « Oui j’ai soulevé cette barre et c’était au-dessus de mes capacités, j’ai réalisé une mauvaise technique parce que j’ai surévalué mes capacités. ».

Dans un deuxième temps, une fois que le sportif aura repéré quand l’ego rentre en jeu, il faudra qu’il le mette en application lors de l’entrainement. « Mon ego me sous-estime, il me dit que ne peux pas soulever cette barre. Mais je vais respecter le principe d’entrainement de surcharge progressive et mettre plus lourd. »

Le plus grand travail sera de combler le fossé qui existe entre la vision que le sportif a de lui-même et la réalité. Cela passera forcément par une conscience de lui-même beaucoup plus grande. Le coach l’aidera dans cette démarche, en le poussant à avoir un regard extérieur sur lui-même, et en prenant du recul sur ses motivations.

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